Contradiction : la TVA est essentiellement payée sur les contrats de marchés publics, qui permettent d’organiser le service public en recourant aux entreprises, donc sans embauche de fonctionnaires. Exactement ce que souhaite le gouvernement et qu’en même temps il pénalise.
Selon Philippe Laurent, « cette démarche peu cohérente trouve sa source dans la technique bien connue et peu glorieuse du bouc émissaire : pour l’État central, les territoires sont devenus les responsables du déclin du pays et il faut à tout prix dénigrer leurs actions ». Pourtant, le déficit de financement des collectivités locales reste très faible (0,1 à 0,3% du PIB) et leur endettement très modéré (8% du PIB). Et leur rôle de premier investisseur de France les rend absolument indispensables à toute politique de croissance et d’emploi.
« Les Français doivent savoir que moins d’agents dans les collectivités locales, c’est moins de places de crèches, des écoles moins bien tenues, moins d’accompagnement des seniors, des villes moins bien tenues et moins sûres, un environnement plus dégradé … Les fonctionnaires territoriaux ne sont pas des bureaucrates, ce sont des professionnels du service du public et donc de tous les citoyens », s’inquiète Philippe Laurent, qui appelle à la restauration de relations de confiance et de partenariat entre l’État et les territoires, « sans lesquelles rien ne sera possible dans l’avenir ».