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« Funambulisme » politique




« Funambulisme » politique
Le chef de l’Etat, au moment du drame de Toulouse et Montauban, a très clairement réaffirmé l’unité de la nation, face au terrorisme, à la violence et à la barbarie en rappelant que « le terrorisme ne "fracturera" pas la communauté française ».

Toute la classe politique a été profondément marquée par ces événements, qui ont débouché sur la mise hors d’état de nuire du forcené. Saluons aussi l’assez large coup de filet des autorités civiles et militaires dans les milieux islamistes au cours de la semaine qui s’ensuivit.

Quand on sait que l’auteur du massacre était surveillé et connu des services de renseignement, on peut légitimement se demander pourquoi ne pas l’avoir neutralisé avant ? Simplement parce que le « dossier » de l’individu » n’était pas assez épais pour qu’il croupisse dans une geôle de la République. Il était libre, aussi, parce qu’il permettait, à nos services de renseignement, de mieux appréhender les risques et menaces de ces factions qui se multiplient chez nous, comme dans la plupart des pays développés. En substance, on ne peut neutraliser un terroriste qu’après qu’il y ait eu des victimes. D’ailleurs nos concitoyens, qui parfois vivent dans l’insécurité, savent que la police et la gendarmerie n’en peuvent mais, sans victimes, bref, tant qu’ils n’ont pas été ou blessés, ou tués !

La campagne pour l’élection présidentielle a pris, durant quelques jours, un aspect que l’on aimerait finalement voir, en continu : une large union nationale. Sur des sujets aussi essentiels, un front uni contre la barbarie s’impose et vient confirmer la disparition de nos vieux clivages politiques. D’ailleurs, aujourd’hui, ils n’ont plus guère de sens. Ils sont véritablement devenus anachroniques.

Ce moment de soulagement et de recueillement n’aura pas duré longtemps. Malheureusement, les candidats sont repartis à l’attaque. Avec force joutes verbales et invectives. La plupart du temps se contentant de formuler des attaques contre la personne qui nous dirige encore et qui, pourtant, est légitime. Il serait plus louable de consacrer le peu de temps qui nous sépare du premier tour à discuter, à débattre, à donner aux uns et aux autres les clés qui, dans l’isoloir, permettront d’arbitrer. C’est plus que dommageable. C’est même profondément regrettable.

Durant de la semaine écoulée a eu lieu un vaste coup de filet dans les milieux islamistes. Pour prévenir et nous protéger des dangers qui nous menacent. Les réactions politiciennes des uns ou passablement naïves des autres nous font vraiment regretter que notre politique ne soit pas davantage coercitive. Chacun sait que les personnes arrêtées représentaient un danger de taille. Même s’il n’était pas immédiat, contre certains symboles de notre République, contre des lieux de culte, contre des communautés, pourtant bien intégrées, qui ne demandent qu’à vivre en paix. Et en sécurité.

Naguère plus efficace, chez comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, le renseignement nous a ainsi révélé ses faiblesses et lacunes. Il est pourtant un maillon indispensable pour qu’existe un subtil équilibre, à trouver, entre prévention et coercition.

Nos prisons n’ont pas vocation à accueillir ces illuminés que l’on sait dangereux. Alors qu’elles sont déjà surpeuplées, elles doivent limiter l’espace d’incarcération aux auteurs de délits. Et en priorité pour mettre sous les verrous les justiciables ayant porté violemment atteinte à l’intégrité d’autrui.

Le moment est vraiment venu, dans un espace trop ouvert, du fait notamment des accords de Schengen, trop « laxistes » dans le contexte actuel, pour que l’on se pose les bonnes questions et que l’on y apporte les bonnes réponses. Or, dans notre paysage politique, il existe des partis qui, comme l’avait naguère déclaré un ancien Premier ministre de François Mitterrand, des « miliciens » qui posent les bonnes questions. Malheureusement, ils apportent des réponses incompatibles avec nos idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, dans un une France libre, une France dans laquelle la laïcité n’est pas négociable.

Les programmes des « grands candidats » à ce scrutin majeur diffèrent profondément sur le sujet de la sécurité des personnes et des biens. De même qu’ils diffèrent sur les « frontières » au sein de l’Union, des frontières qu’il faudrait, peut-être, rebâtir. La solution passe par un juste équilibre : lui seul fera que la société française se sente moins menacée, mieux défendue et plus respectée.

Ce ne sont pas que de vains mots qui n’auraient pour dessein que de de restaurer des valeurs écornées par l’Histoire et élimées par le temps. Non ! Le choix que nous devons faire est un choix de Société. Avec ses règles, avec ses repères, avec ses limites.
Celui qui présidera à cette destinée sera, de fait, un « équilibriste » pétri de talents, tel un funambule, qui nous conduirait, sans jamais faillir, jusqu’à une destinée à laquelle nous aspirons tous.

Bernard Marx

Adélaïde Dubly





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