Les sondages se suivent et se ressemblent : le candidat Hollande aurait toutes les chances de l’emporter. Son camp est très mobilisé. Sa communication parfaitement orchestrée. Mais ce ne sont que des sondages. Or, par le passé, ils ont montré leur limite lors de précédents scrutins présidentiels, car les corrections faites par les instituts sur les résultats de leur panel d’environ mille personnes s’écartaient de la réalité politique du pays. Nous y sommes encore aujourd’hui : certains « petits candidats » sont malmenés par ces mesures quasi-quotidiennes alors qu’il est presque évident qu’ils feront un bon score au premier tour, le 22 avril. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, est en train, avec courage et talent, de ressusciter le parti communiste français et de redonner un sens à l’expression « être de gauche », expression tant galvaudée par les « bobos » et autres apôtres de la gauche caviar. De la même manière, Dominique de Villepin, muselé, comme bien d’autres, par les médias, devrait dépasser largement le score que les sondages lui prêtent. Quant à Marine Le Pen, si elle recueille ses signatures, elle fera un score vraisemblablement plus élevé que ne l’estiment les enquêtes d’opinion. Au final, ces « petits candidats » vont « mordre » sur l’électorat des ténors qui verront alors leur score du premier tour être assez inférieur aux estimations les plus pessimistes, rendant leur légitimité démocratique plus discutable et donc plus délicate. En outre, quel que soit le scénario, le Président candidat serait battu. La question que se posent tous les militants et sympathisants est de savoir s’il faut-il encore y croire ? Oui ! Assurément. Tout est possible. Jusqu’à la dernière minute. La personnalité qui sortira gagnante de ce combat électoral qui, au passage, nous abreuves de diatribes au détriment d’un vrai débat, sera celle capable de rassembler au-delà de tous les clivages. L’heure est grave. La crise est là. Elle est structurelle. Elle devrait encore, dans les mois et années à venir, davantage peser sur les pays développés. Il faudra donc faire face à de nouveaux défis essentiels que seule une grande coalition nationale permettrait d’affronter si nous ne voulons pas voir la France sombrer dans la dépression. Ce n’est pas un hasard si Madame Merkel réussit peu ou prou à épargner l’Allemagne : elle a un soutien objectif d’une large majorité des citoyens d’outre-Rhin. Nicolas Sarkozy a une personnalité qui dérange. Celle de François Hollande inquiète. Il nous manquerait donc, un mois avant le premier tout, un candidat providentiel, qui permettrait de réussir ce rassemblement et de créer cette « alchimie » qui fait que l’on est élu pour ce que l’on est et non par défaut ou par dépit.
Sur un tout autre sujet, le moment est grave pour la construction européenne ne serait-ce qu’en raison des situations dramatiques que connaissent certains pays qui ont rejoint la zone euro alors qu’ils n’en avaient pas les moyens. Il y a bien sûr la Grèce. Le pays est en faillite. Il ne se redressera pas avant longtemps. Les trous béants, créés par les anciens dirigeants utopistes, sont impossibles à boucher. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses créanciers ont quasiment accepté un abandon des trois-quarts de la dette souveraine hellène. Il est évident que cela sauve, temporairement, le pays de la faillite. Cela sauve, temporairement, l’Europe elle-même et, avec elle, l’Euro. Tous les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ne peuvent accepter ni l’idée d’un échec de la construction européenne ni celle d’une faillite de la monnaie unique qui imposerait aux nations de battre à nouveau monnaie avec, en perspective, une période économique, financière et politique extrêmement trouble. Les membres du G20 au rang desquels figurent des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne craignent, à juste titre, que l’espace économique créé depuis tant d’années et au prix de tant d’efforts disparaisse, du seul fait des errements de certains mais surtout de ceux de la communauté financière qui nous a plongés dans ce bourbier dont nous aurions pu sortir dès 2008, si l’on avait eu le courage de sauver un seul des maillons de la chaîne, sauvetage rendu impossible pour des motifs iniques, alors que le coût de la mise à mort de ce temple de la finance, au plan mondial, aura été bien plus élevé et sans aucune garantie que ne s’arrêtent les spéculations qui rendent les banques et établissements financiers si fragiles. Ce sont les effets directs du « casino » auquel jouent banquiers et investisseurs institutionnels qui pourraient faire basculer le monde, l’Europe avec lui, dans l’abysse sans fond que nous promettent les Cassandre. Et pourtant, l’Europe est là. Elle a le mérite d’exister. Même si elle est très imparfaite, même si de nombreuses modifications structurelles apparaissent sinon incontournables, à tout le moins nécessaires. Quitte à montrer la porte de sortie à certains de ceux qui sont trop vite rentrés, l’Europe aussi, il faut encore y croire. Sans elle, chacun le sait, chacun le mesure bien, le chaos est à nos portes. Celui-ci créerait les conditions que l’Histoire nous serve les mêmes plats et fasse ressurgir la barbarie …
Bernard Marx
Sur un tout autre sujet, le moment est grave pour la construction européenne ne serait-ce qu’en raison des situations dramatiques que connaissent certains pays qui ont rejoint la zone euro alors qu’ils n’en avaient pas les moyens. Il y a bien sûr la Grèce. Le pays est en faillite. Il ne se redressera pas avant longtemps. Les trous béants, créés par les anciens dirigeants utopistes, sont impossibles à boucher. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses créanciers ont quasiment accepté un abandon des trois-quarts de la dette souveraine hellène. Il est évident que cela sauve, temporairement, le pays de la faillite. Cela sauve, temporairement, l’Europe elle-même et, avec elle, l’Euro. Tous les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ne peuvent accepter ni l’idée d’un échec de la construction européenne ni celle d’une faillite de la monnaie unique qui imposerait aux nations de battre à nouveau monnaie avec, en perspective, une période économique, financière et politique extrêmement trouble. Les membres du G20 au rang desquels figurent des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne craignent, à juste titre, que l’espace économique créé depuis tant d’années et au prix de tant d’efforts disparaisse, du seul fait des errements de certains mais surtout de ceux de la communauté financière qui nous a plongés dans ce bourbier dont nous aurions pu sortir dès 2008, si l’on avait eu le courage de sauver un seul des maillons de la chaîne, sauvetage rendu impossible pour des motifs iniques, alors que le coût de la mise à mort de ce temple de la finance, au plan mondial, aura été bien plus élevé et sans aucune garantie que ne s’arrêtent les spéculations qui rendent les banques et établissements financiers si fragiles. Ce sont les effets directs du « casino » auquel jouent banquiers et investisseurs institutionnels qui pourraient faire basculer le monde, l’Europe avec lui, dans l’abysse sans fond que nous promettent les Cassandre. Et pourtant, l’Europe est là. Elle a le mérite d’exister. Même si elle est très imparfaite, même si de nombreuses modifications structurelles apparaissent sinon incontournables, à tout le moins nécessaires. Quitte à montrer la porte de sortie à certains de ceux qui sont trop vite rentrés, l’Europe aussi, il faut encore y croire. Sans elle, chacun le sait, chacun le mesure bien, le chaos est à nos portes. Celui-ci créerait les conditions que l’Histoire nous serve les mêmes plats et fasse ressurgir la barbarie …
Bernard Marx



Faut-il encore y croire ?

