Plusieurs objectifs sont poursuivis : d’abord la réouverture au public des espaces du premier étage du Musée de Picardie à la fin de l’année 2013, ce qui permettra d’ouvrir le Musée dans sa totalité pour la première fois depuis une trentaine d’années.
Ensuite, l’accessibilité, et ce dans tous les sens du terme :
- d’un point de vue réglementaire, en permettant l’accessibilité des personnes handicapées,
- en offrant de meilleures conditions d’accueil pour les touristes,
- d’une façon plus large, en créant les conditions d’une appropriation du Musée de Picardie par les Amiénois.
C’est pourquoi, dans sa phase 2, la rénovation du Musée intègre aussi une nouvelle façon de penser le rapport du musée avec l’espace du centre-ville. La rénovation du Musée doit ainsi redonner conscience aux Amiénois de la richesse de leur patrimoine, et au musée une ouverture sur la ville. Ceci passe par la rénovation des espaces d’accueil du public. Le hall d’accueil doit donc permettre une meilleure gestion des flux et une organisation adaptée aux spécificités de chaque type de public.
Pour ce faire, une autorisation de programme de 20,4 M€ (avec participation de la Région et de l’Etat) a été établie et un cahier des charges a été élaboré pour le lancement d’un concours l’an dernier.
Le jury pour la désignation de l’équipe de maîtrise d’œuvre pour la rénovation complète du Musée de Picardie s’est réuni le 27 janvier 2012, après une deuxième phase de travail pour quatre équipes qui avait été admises à concourir (parmi la soixantaine de candidatures initiales) lors de la première réunion du jury au printemps dernier.
Après analyses des quatre projets, réalisées de manière anonyme, les membres du jury ont porté leur choix sur le projet porté par le groupement Frenak & Jullien (architectes) / Barriol & Didelon (architectes du patrimoine) / Igrec Ingénierie / 8’18" (concepteurs et plasticiens lumière) / L’Autobus Imperial (designers) / Atelier Dots Paysage.
Ce projet a justement séduit par sa capacité à parler de « l’urbain » et à « rendre le Musée à la Ville » en offrant différentes possibilités d’y accéder : en éloignant le bâtiment neuf projeté de l’édifice actuel, il respecte l’académisme de la façade arrière du musée et dégage un vrai parvis devant la nouvelle entrée créée dans le pavillon Maignan.
Sa fonctionnalité est pertinente et en adéquation avec les souhaits exprimés dans le programme de la consultation par les équipes du musée. La muséographie propose notamment la traversée du grand salon pour tous les publics ainsi qu’un accès direct dans une des salles d’exposition temporaire.
Enfin, l’estimation financière du projet, examinée par les membres de la commission technique, est cohérente avec l’enveloppe globale allouée à l’opération.
Le projet de Frenak et Jullien repense donc l’accès au musée : l’entrée de tous les publics se fera par la rue Puvis-de-Chavannes par un parvis remaniant profondément la parcelle et engendrant une nouvelle relation du musée à la rue, remaniée elle aussi. Créant une deuxième façade plus contemporaine au musée, le projet permet la traversée de la parcelle et recrée un bassin d’apparat à l’avant du côté de la façade historique.
Ses avantages sont nombreux et engendrent notamment une profonde modification de la relation du musée à la ville ; il offre un très bon fonctionnement général qui répond aux nouveaux enjeux des musées aujourd’hui : un redéploiement ambitieux des collections permanentes, de beaux espaces d’exposition temporaire et enfin des espaces d’accueil redimensionnés et adaptés à un usage contemporain des musées par le public. Les espaces de travail, cruellement manquants dans ce musée du XIXe siècle sont également créés, pour une meilleure conservation des collections notamment.
La surface utile ainsi créée est de 1 137 m2
Les surfaces reconsidérées dans œuvre de 2274 m 2, essentiellement au 1er étage.
Le travail se déroulera en 2 phases, permettant la réouverture dans œuvre en 2013 (1er étage), pour une réouverture totale, construction nouvelle comprise, en 2016.
Le montant des travaux est de 5,4 M€ HT pour la première phase et de 6,5 M€ HT pour la deuxième phase.