Il s’agit d’une opération importante pour la commune de Chaville (92), importante tant sur le plan technique que sur le plan symbolique et politique. L’objectif : offrir aux Chavillois ce que l’histoire urbaine de leur ville ne leur a pas « spontanément » donné : un véritable « cœur de ville », convivial, commerçant, animé ; un lieu de rencontre et de services, à taille humaine, à l’échelle d’une commune résidentielle de 20 000 habitant, en première couronne parisienne.
Ainsi dès 2014, autour du parc de la Mairie et de l’église, autour d’une nouvelle place du marché, se développeront 29 500 m2 de logements, 2300 m2 de commerces, un parking public, mais aussi d’importants équipement publics créés, reconstruits ou agrandis : un nouveau groupe scolaire, un centre de loisirs, une nouvelle MJC, une maison des associations…
Un projet attendu depuis des années par les Chavillois
Le démarrage concret des travaux d’aménagement du « cœur de ville » est donc dans la ville un événement considérable. On en parlait depuis près de 20 ans. Etudes, débats, projets, contre-projets se sont succédés. Le temps de la décision et de l’action est venu !
Ancien conseiller municipal d’opposition, Christophe Tampon-Lajarriette a suivi tout ce processus de réflexion avant de reprendre en main le dossier, après les dernières élections municipales, en temps que nouveau maire-adjoint chargé de l’urbanisme et de l’équipement.
« La problématique du centre ville a été un des enjeux fort des dernières élections municipales. Tout naturellement la finalisation et l’engagement du projet a été le fruit d’un travail intensif mené par la municipalité et à sa tête le Député-Maire Jean-Jacques Guillet , dès son installation en avril 2008. Aujourd’hui nous entrons cette dans la phase de réalisation. Le dossier modificatif de création de la « ZAC centre-ville » a été adopté par le conseil municipal de Chaville dès 2009. L’avis de concours a été lancé en juin 2010 . Les équipes architecte-opérateur ont été désignées suite au concours, au printemps de cette année. Tout va désormais s’enchaîner rapidement et le projet devrait être « livré » en 2014 ».
Repenser la ville en tenant compte de son histoire et de sa véritable nature
« Notre méthode de travail s’est basée sur trois éléments essentiels : considérer notre Ville dans sa globalité et sa réalité, à sa véritable échelle, sans rêver trop ! Exploiter et entendre tous les débats et les études réalisés et, à partir de là, arrêter un projet raisonné de recomposition de notre espace urbain central».
On ne peut pas faire d’urbanisme en allant contre la réalité du terrain. La structure d’une ville, son organisation spatiale, la nature de ses quartiers sont le fruit d’une histoire; s’il n’y a pas de "centre-ville" à Chaville, c’est bien parce que l’histoire n’en a pas fait.
Le processus de développement urbain de Chaville s’est enclenché au milieu du XVIIe siècle, en fond de vallée, avec l’ouverture de ce qui deviendra la "Voie royale", du pont de Sèvres à Versailles et qui est aujourd’hui l’avenue Roger Salengro. Une urbanisation linéaire et faubourienne s’est ainsi développée sur cet axe de transit avec des cafés, auberges, relais…, également animé par des activités artisanales (blanchisseries et tanneries notamment dues à la présence de l’eau du ru de Marivel).
Puis, avec la deuxième "révolution urbaine" vers 1840 et l’ouverture des deux lignes de chemin de fer Paris-Versailles (rive droite et rive gauche), Chaville s’est alors "épaissie" grâce au développement du tissu pavillonnaire sur les coteaux.
Enfin, après la Seconde guerre mondiale, Chaville a connu sa troisième phase d’évolution urbaine significative avec l’apparition de grands immeubles collectifs. L’ensemble de ces éléments historiques explique la physionomie urbaine actuelle de Chaville, ainsi que la très grande différence de topographie et de physionomie entre ses différents quartiers. Telle est la réalité incontournable de Chaville.
De par son histoire et son développement, Chaville est une ville résidentielle qui aspire à avoir un centre ville, que l’Histoire ne lui a pas donné.
Un paysage urbain respectueux des équilibres et de l’environnement :
« Pour composer notre projet définitif, nous nous sommes appuyés sur l’ensemble des études menées précédemment (y compris celles de l’ancienne municipalité) passées au « tamis critique » de réflexions complémentaires conduites à notre demande par la SEM 92. Le projet a ainsi notamment été ramené de 55 000 m2 SHON de surfaces à construire – densification mal acceptée par les Chavillois- à 32 000 m2 mais en optimisant le plan masse afin d’améliorer l’équilibre financier de l’opération ».
L’architecte en chef, André Roth – nommé en 2006 - a été maintenu, avec une nouvelle lettre de mission afin de « caler » le projet sur le terrain et de poser les volumes sur le site, il fut en cela assisté de Jean-François Provost, architecte-paysagiste, chargé de concevoir les espaces publics.
Le choix du projet a été fait en totale concertation avec les riverains et les toutes les personnes concernées (commerçants, Paroisse…).
Finalement, lors du lancement du concours le projet a été très bien reçu par les professionnels : l’appel d’offres pour l’attribution des droits à construire a suscité un grand nombre de candidatures (29 dossiers reçus, déposés par 13 opérateurs). Et nous sommes assurés aujourd’hui, à la fois de la qualité architecturale du programme… et de son équilibre financier.
Le descriptif du projet
Rassemblant le marché et de nombreux commerces parmi lesquels un Monoprix agrandi et modernisé, un nouveau groupe scolaire, un centre de loisirs maternel, une nouvelle Maison des Jeunes et de la Culture et la Maison des associations, il est le lieu d’animation, d’activités et de vie sociale qui manquait à la ville.
Par l’aménagement paysager de ses espaces publics, de ses voiries, avec la création de deux mails verts ouvrant sur la forêt, il est aussi un lieu propice à la promenade, espace de respiration réhabilitant la vallée du ru de Marivel entre les deux coteaux.
L’association d’architectures variées, répondant au caractère respectif de chaque îlot, conçues par des équipes de renommée internationale, vient apporter un rythme et une élégance constitutifs d’un nouveau patrimoine chavillois.
Les résidents qu’ils soient propriétaires ou locataires de logements sociaux (25% de la SHON globale, intégrés aux autres logements) bénéficieront d’un habitat respectueux des nouvelles règles environnementales et d’un cadre de vie exceptionnel.
Trois séquences on été distinguées, à partir d’un maillage d’équipements publics conséquents :
- Pour l’îlot des Coteaux, l’architecte Anthony Béchu avec Bouygues Immobilier a fait le choix de la création d’un véritable éco-quartier avec notamment un jardin suspendu qui relie le centre à la forêt,
- Sur l’îlot Paul Bert, les architectes Marc et Nada Breitman avec les Nouveaux constructeurs ont souhaité créer une vraie place principale avec un marché couvert, « une occasion presque unique en France de créer une vraie place publique » ;
- et l’architecte Gilles Engelmann avec Akerys a souhaité mettre en place une réelle mixité sociale et architecturale pour la création d’un programme de bâtiments résidentiels, comprenant des immeubles collectifs et des maisons de ville sur l’îlot de la rue de la Bataille de Stalingrad.
L’appui déterminant de la Communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO)
Ce soutien financier a permis à la commune de Chaville de réaliser ce projet rapidement (le bilan de ZAC s’équilibre à 45 millions d’euros) à savoir en l’espace d’une mandature, ce qui est véritablement exceptionnel.
La déclaration d’intérêt communautaire de la ZAC a permis de contourner un obstacle majeur : trouver de la trésorerie pour les premières réalisations.
Conseiller communautaire par ailleurs, Christophe Tampon-Lajarriette souligne toute l’importance de la solidarité communale mais précise « cette solidarité ne se fait pas au détriment des autres villes de GPSO puisque la communauté d’agglomération ne fait que des avances de trésorerie ». La Société publique locale d’aménagement de GPSO, dont Chaville est actionnaire, a, logiquement , été désignée comme aménageur et conduit désormais la mise en œuvre opérationnelle de l’opération.
La municipalité de Chaville a ainsi relevé ce défi de créer, en moins de 6 ans, et en privilégiant toujours la concertation, un cœur de ville à taille humaine. Le succès de l’exposition présentant actuellement les détails du projet à l’hôtel de Ville atteste, s’il en était besoin, de toute l’adhésion des Chavillois.